Dwelt

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Un petit mot pour vous

Ecrit par Plume, de la part de nous tous

 

 

 

 

Depuis que j'ai commencé ce blog, le forum et à m'intéresser à la santé mentale en générale, j'ai croisé la route de beaucoup de gens, chacun avec un passé différent, mais avec tous un point commun : à un moment ou à un autre, un adulte responsable d'eux a merdé.

Que ce soit avec des mots ou avec des actes, il a merdé.

Et il a continué à merder, parfois en étant même persuadé de le faire pour le bien de l'enfant.

 

Quand j'entends ces histoires, ce n'est pas de la pitié que je ressens, c'est de la compassion. Ce n'est pas de la pitié parce que je suis passée par là aussi, et je sais que la personne en face de moi est quelqu'un de fort. Il n'y a pas à avoir pitié de quelqu'un qui à survécu à un adulte qui a merdé.

Ce que je ressens, c'est de la tristesse pour cet enfant, dans le passé ; de la colère à l'adresse de cet adulte qui à merdé d'une façon dont aucun adulte ne devrait merder ; du respect face à la personne qui s'en est sortie ou qui est en train de s'en sortir.

En général, ça s'arrête là : des émotions qui s'expriment sous le drapeau de la sympathie. Quand ce sont des histoires au passé, je suis capable de rester calme et rationnelle.

 

Mais je traîne beaucoup sur des forums de jeux, parmi des gens souvent plus jeunes que moi. Et allez savoir comment, je me retrouve à entendre des histoires qui se déroulent là, maintenant.

Des enfants dans le présent, entouré d'un ou plusieurs adultes qui merdent là, maintenant.

 

Et la frustration de ne pouvoir rien faire est énorme. Passé le premier choc, je sais rester lucide, reculer d'un pas, ne pas trop m'investir émotionnellement, mais sur le moment... sur le moment on se dit qu'il y a des baffes qui se perdent. Et des câlins, aussi.

Ces enfants qui, soit dit en passant, ont parfois 18 ans. Mais ça reste l'âge de mon petit frère, et tout notre système est construit autour de la même règle : protéger les plus jeunes.

Mais là, on ne peut pas. Tout ce qu'on peut faire, c'est le rassurer, lui dire qu'il compte et qu'il a le droit de ressentir ce qu'il est en train de ressentir.

Déjà parce que c'est la vérité, et ensuite parce que même si ça nous frustre de ne pas pouvoir faire plus, on sait que c'est important. On le sait parce que personne ne l'a fait pour nous. Celui qui me rassurait, celui qui me disait que je comptais, que ce n'était pas ma faute, celui qui me collait une claque derrière la tête quand je disais que j'exagérais et me rappelait que la situation n'était pas normale et donc que mes émotions n'avaient pas à l'être, c'était Daem. Or à l'époque, je refoulais mon système autant que possible, sa marge de manœuvre était donc considérablement réduite. Alexis n'avait jamais eu personne pour lui dire ça avant qu'on ne l'intègre au groupe, il y a deux/trois ans. Idem pour les petits, idem pour tous les autres.

On a dû être notre propre sauveur. Ça n'aurait jamais dû arriver.

 

Et c'est là qu'on voulait en arriver.

 

Qui que vous soyez en train de lire, vous êtes important. Vous n'êtes pas parfais, certes mais personne ne l'est. Tout le monde a ses forces et ses faiblesses, et ce n'est pas juste de ne pointer que les faiblesses de quelqu'un. Il faut aussi reconnaître ses forces, et je suis sûre que vous en avez, ou que vous finirez par les découvrir.

Chaque personne ayant ses propres forces, chaque personne est importante.

Ce n'est pas parce que vous paraissez médiocre pour le moment que votre vie n'a pas de valeur ! C'est juste que vous n'êtes pas encore au bon endroit pour pouvoir exprimer votre vrai potentiel. Et personne, personne, n'a le droit de juger votre valeur en se basant sur votre vie à un instant T, un instant figé. Une photo ne peut pas servir à décrire la vie d'une personne et ne peut pas prédire son futur.

Quoi qu'on puisse vous dire, vous comptez, vous avez de la valeur et vous êtes important.

 

Ce n'est pas votre faute si les adultes autour de vous ont merdé, ou sont en train de merder.

Ces adultes sont peut-être persuadé d'agir pour votre bien et peut-être que les choix qu'ils font vous blessent, vous effraient, vous donnent envie d'être partout sauf là où vous êtes actuellement.

Quoi qu'ils disent, quoi qu'ils fassent, si ils merdent ce n'est pas votre faute.

Si ils ne sont pas capable de voir vos forces, ce n'est pas votre faute.

Si ils sont stupides au point de se focaliser uniquement sur vos faiblesses, ce n'est pas votre faute.

Si leurs problèmes débordent sur vous, ce n'est pas votre faute.

Si vous n'êtes pas capable de gérer les situations dans lesquelles ils vous mettent, ce n'est pas votre faute.

Si ils vous blessent, vous font peur, ce n'est pas votre faute.

Si ils vous donnent envie de vous enfuir, de vous cacher, de partir loin, le problème ne vient pas de vous.

Et ce n'est pas être un fils ou une fille indigne que d'être blessé, d'avoir peur ou de vouloir vous enfuir. Ce sont vos émotions en réaction à leurs actes. C'est votre droit de ressentir ces émotions.

 

Et ce droit fait que personne ne devrait pouvoir vous dire que vos émotions sont déplacées. Seul des actes et des paroles peuvent l'être, pas des émotions.

Personne ne devrait pouvoir vous dire que vous exagérez, que vous faites une montagne d'une souris. Il y a une raison derrière chaque émotion intense.

Personne ne devrait pouvoir vous dire que vous devriez être reconnaissant si vous ne l'êtes pas. La reconnaissance ne se commande pas. C'est comme le respect, ça se mérite.

 

Je sais que beaucoup d'entre vous aiment cet adulte, cette personne qui merde. C'est normal, pour beaucoup d'entre vous, c'est un parent, un frère ou une sœur, un membre de la famille, quelqu'un de proche.

Et c'est difficile quand c'est quelqu'un de proche qui merde.

Mais vous avez le droit d'aimer cette personne, comme vous avez le droit de la haïr. Ce sont vos émotions.

Vous n'avez pas à avoir honte d'aimer quelqu'un qui vous a fait du mal, tout comme vous n'avez pas à avoir honte de haïr quelqu'un qui vous a fait du mal. Ces deux émotions sont normales et légitimes.

C'est parfois déroutant d'aimer quelqu'un qui vous a fait du mal, ou de haïr quelqu'un que l'on devrait aimer. Parfois même, on hait et on aime cette personne en même temps.

Et c'est normal que ce soit déroutant, parce que ce genre de situation ne devrait pas arriver. Et a situation exceptionnelle, émotion exceptionnelle.

 

Mais les émotions et les situations passent et évoluent. Vous ne serez pas toujours coincé avec cet adulte qui merde, vous finirez par sortir de la peur et de la douleur. Ça prendra peut-être un peu de temps, mais ça finira par arriver.

 

 

Alors un câlin virtuel à ceux qui veulent, et pour ce que ça vaut, si on pouvais, on vous adopterais tous.

 



20/05/2018
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