Dwelt

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S'approprier son passé

Ecrit par Plume

 

 

 

 

« Papa »

Le mot est sortit presque tout seul il y a quelques jours. Ma voix n’a presque pas tremblée, quand bien même tout à frémit à l’intérieur de moi. Depuis combien de temps ne l’avais-je pas prononcé ? Cela faisait des années que je le remplaçais par « père », « neuneu » ou encore « Voldemort ».

Le dernier en dit long sur ce que le mot « papa » implique pour nous.

 

Pour nous, les parents ne sont pas source de sécurité et de soutien et, pire encore, le père est source de peur. En grande majorité, le système ne comprend pas cet amour que porte les enfants à leur père. Et malgré tout, dans le fond, on l’envie.

 

Alors le mot « papa » fait frémir. On n’en veut pas, on a l’impression de prononcer un mot vide de sens quand il franchit nos lèvres.

Mais récemment, j’ai réalisé que refuser de reconnaître qui était mon père était le laisser me priver d’une partie de ma famille. Quand bien même on ne compte pas reprendre contact avec la partie paternelle, je ne veux pas le laisser m’enlever ça.

 

Je n’ai pas envie de le laisser gagner.

J’ai envie d’assumer ce qu’il est et ce qu’il a fait, parce que c’est une part de mon histoire et une part de mon identité. Claude s’est construit en fonction de lui, on s’est tous construit pour lui échapper.

On n’effacera pas ce qui nous est arrivé, ce que l’on a ressenti. Mais, pour la première fois, on se dit qu’on pourrait être capable de se l’approprier plutôt que de le rejeter.

 



17/11/2018
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