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La métaphore du couteau Suisse

Ecrit par Plume

 

 

 

 

Un système, c'est comme un couteau Suisse.

C'est une métaphore qui m'est venue alors que je rentrais des cours. Le temps de trajet marche-bus-métro est l'un des plus productif de ma journée en terme d'idées, parce que je suis totalement plongée dans mes pensées afin d'oublier que je suis entourée d'une cinquantaine de personnes.

Et donc, un système c'est comme un couteau Suisse.

 

Un système est fait avant tout pour donner l'illusion que tout est normal. Les gens perçoivent souvent le nôtre comme très travailleur, motivé, sympathique, sociable, amusant. Jamais ils ne s'imagineraient l'anxiété sociale, l'angoisse, la peur maladive d'être touché, la fatigue constante due au manque de sommeil.

 

Chaque alter a au minimum une fonction. Parfois elle est facile à comprendre, parfois elle ne l'est pas.

Parfois on a la notice qui va avec, parfois on ne l'a pas.

Chez nous, je suis chargée de gérer la vie extérieure. Je sers d'interface entre le monde extérieur et le monde intérieur. Si je veux, je peux empêcher les informations du monde extérieur de parvenir à l'intérieur, et les autres doivent passer par moi pour avoir accès à l'extérieur.

Daem est chargé de gérer le monde intérieur. Comme moi, il sert d'interface entre l'intérieur et l'extérieur, mais dans le sens inverse : il peut empêcher les informations du monde intérieur de parvenir à l'extérieur (au corps ou au contrôle avec moi).

En gros, j'empêche de rentrer, il empêche de sortir.

Cette fonction nous donne aussi par défaut le rôle de protecteurs émotionnel.

Alexis a le rôle de protecteur physique.

Erdian a remplacé Alix pour ce qui est des relations sociales.

Nathan est le "grand frère" de tous les plus jeunes.

etc.

 

Comme on a tous une fonction, que l'on est tous différent, il y a toujours quelqu'un de plus qualifier que les autres pour faire face et l'on peut donner l'impression d'être capable de tous gérer. Nous même, on peut parfois croire que l'on peut faire face à tout.

Mais on ne va pas utiliser un tourne-vis pour poncer du bois.

On peut gérer tout ce qui ressemble à ce pour quoi on a été créé. Cela fait certes un sacré petit paquet de situations, mais ça ne couvre pas toutes les possibilités. Et si l'un d'entre nous n'arrive pas à supporter une situation, même si le reste du groupe arrive à faire face, on s'en trouve amoindrit, moins efficace.

Stress, difficulté à se concentrer, micro-amnésie plus importante, avoir l'air normal devient plus compliqué.

Et il y a des situations pour lesquelles nous ne sommes pas faits. Heureusement pour nous, nous avons toujours réussi à éviter les cas comme ça.

 

Mais non, nous ne sommes pas capable de tout gérer. Certains d'entre nous ont leurs coups durs, et les autres doivent alors gérer à leur place. Or si chacun a un rôle, les remplacement à la dernière seconde sont rarement stables. Ils peuvent durer quelques jours, mais jamais plus d'une semaine sans que ça devienne stressant, angoissant, invivable (pour nous comme pour les autres, on a tendance à vite être à bout de nerf dans ces cas-là).

C'est un peu comme utiliser un tourne-vis plat trop gros ou trop petit. Ça peut le faire pendant un moment, mais au final ça abîme le tourne-vis et les vis.

 

On peut donc gérer pas mal de choses, et il y aura toujours l'un de nous plus qualifié que les autres pour gérer une situation. Mais plus qualifié que les autres ne veut pas forcément dire vraiment qualifié pour la situation.

Comme les multiples outils d'un couteau Suisse.

 



16/12/2017
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