Dwelt

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A faire ou ne pas faire

Ecrit par Plume et Alexis

 

 

 

 

Les gens ont parfois du mal avec certaines réactions que l'on peut avoir. Le problème, c'est qu'on a du mal à expliquer le pourquoi de ces réactions : par honte, par peur du mépris, parce qu'on en a marre d'entendre "mais c'est du passé, tourne la page !".

Alors voilà quelques explications, des choses à faire ou ne pas faire, qui peuvent aussi bien s'appliquer à quelqu'un ayant grandit avec un pervers narcissique comme le père, qu'avec des gens ayant subis des violences physiques ou psychologiques, même si personnellement on trouve que ça tient du respect de base que les gens devraient se montrer entre eux...

 

 

 

- Eviter de faire mal, même pour jouer.

L'une des choses que le père adorait faire, c'était faire passer ses comportements violents pour des jeux. Si on se retrouvais tête en bas par-dessus le balcon, c'était un jeu. Si il nous jetait en l'air quand on était à la plage, et que c'était plus drôle si on faisait un plat en retombant, et c'était aussi un jeu. Ah, et évidemment, que l'on veuille jouer ou non n'avait pas d'importance. Lui voulait jouer, donc on devait s'y plier, et si on essayait de fuir, c'était encore plus drôle.

 

 

 

- Eviter d'interrompre une activité si ce n'est pas justifié.

 Comme dit plus haut, nos désirs n'avaient aucune espèce d'importance à ses yeux. Le propre d'un pervers narcissique, c'est justement le narcissisme. Quand il voulait faire quelque chose, peut importait que l'on soit déjà occupée et la nature de l'occupation, il fallait que je me plie à son désire.

M'interrompre et "exiger" que l'on change d'activité, même pour quelque chose de sympa, peut nous rendre assez agressif, parce qu'on a une nouvelle fois l'impression qu'on en a rien à faire du fait qu'on est déjà occupé.

 

 

 

- Eviter de se placer en sauveur / mentor / maître à penser / etc.

Le pervers narcissique pense avoir la science infuse et qu'il va guider et permettre aux autres de s'élever. Mon père voulait à tout prix m'apprendre à utiliser "mes dons". Je n'ai jamais vraiment su de quoi il parlait, mais il disait souvent que, quand je serai plus grande, il m'apprendrait à m'en servir, dans le sens "tu es dans l'ombre et je vais t'apporter la lumière".

Actuellement, il fait le métier de pseudo-coach de vie...

On a donc énormément de mal avec ceux qui pensent qu'ils vont tout nous apprendre, qu'ils vont nous sauver, même quand ils sont bien intentionnés. On préfère largement se débrouiller seuls et on a tendance à ne compter que sur nous-même.

 

 

 

- Eviter la moquerie et la critique facile.

Autant on peut avoir beaucoup d'auto-dérision concernant nos réactions, autant quand on se moque de nos capacités, ça coince énormément.

Les pervers narcissiques comme mon père aiment se sentir au-dessus de tout le monde, et l'humiliation par la moquerie est un bon moyen d'y arriver de façon subtile, parce que ça n'a de sens que pour la personne visée. Les autres n'y verront que de l'humour un chouilla piquant.

Se moquer quand on fait quelque chose d'un peu stupide, pas de soucis.

Se moquer en rabaissant un travail, une action, en la faisant paraître (ou en nous faisant paraître) totalement ridicule alors que l'on a essayé du mieux que l'on pouvait, ça peut mener à une réaction souvent inattendue : agressivité, ou à l'inverse, se retrouver face à un mur qui ne parlera plus.

Même tarif pour les critiques négatives sorties de nulle part. Et la critique négative ferait mieux d'être constructive.

Idem chose pour les critiques positives. Ayant passé la majeur partie de notre enfance à être complimenté puis rabaisser juste après, on a un peu du mal à croire que ce que l'on fait est réellement appréciable. Un simple "j'adore" fera plaisir, mais dans le fond passera au mieux comme une formule de politesse.

 

 

 

- Eviter de prendre nos réactions personnellement.

Surtout quand il s'agit de la confiance. Il faut bien comprendre que l'on a passé notre enfance à voir notre confiance se faire écrabouiller, des promesses se faire briser, à entendre mensonges sur mensonges, et ce quasiment systématiquement.

On a appri très tôt que l'on ne sait jamais ce les autres pensent, et que la seule chose dont on peut être sûr, c'est soi-même. Même une fois adulte, alors que l'on sait que tout le monde n'est pas aussi inconstant que le pervers narcissique qui nous a élevés, le doute de l'autre est tellement ancré en nous que passer outre est très, très, difficile.

Il y a de plus la peur de retomber dans les griffes de quelqu'un de semblable. Un pervers narcissique est, de prime abord, toujours charmant et aimable. Ce n'est qu'en privé qu'il est une horreur à vivre, et encore, il n'enlève son masque que lentement. Instinctivement, on pense donc que l'on ne peut se fier à personne, et plus on apprécie quelqu'un et plus on s'en méfie.

C'est un cap. Cela ne dure pas si la personne est saine. C'est un mauvais moment pour tout le monde, mais un mauvais moment nécessaire pour être totalement rassuré ensuite.

 

 

 

- Faire attention lors des contacts physiques.

Déjà, évitez de nous sauter dessus sans prévenir. Les contacts physiques avec le père ont toujours été synonymes soit d'inconfort voir de douleur à un moment ou à un autre, aussi on a du mal avec des choses comme des câlins, ou juste le fait d'effleurer quelqu'un d'autre. C'est encore pire avec les hommes.

Etre proche physiquement quelqu'un est une preuve qu'on se sent vraiment à l'aise avec la personne.

Il y a aussi des zones où il vaut mieux ne pas me (Plume) toucher à moins d'être très, très, très proche de moi : la nuque, la gorge, le ventre, la zone juste au-dessus des genoux. J'ai failli frapper mon grand-père, une fois, parce qu'il avait simplement poser sa main sur ma nuque, et mon frère s'est récemment prit un presque-coup-de-poing dans les côtes parce qu'il m'avait serré un peu fort le haut du genou.

La raison est très simplement que ce sont deux zones où mon père aimait bien jouer à me faire "un peu" mal, en serrant ces endroits sensibles.

Me concernant (Alexis), je ne supporte tout simplement pas le contact physique. Donc pas touche, peut importe qu'on soit les meilleurs amis du monde ou non.

 

 

 

- Eviter le "harcèlement" en groupe, même si on est amis.

Qu'une personne se moque, ok. Que tout un groupe de personnes se moquent, amis ou pas, on le prendra très très mal.

Même tarif quand on devient la cible de jeu tel que des chatouilles. Une personne, ça passe. Plus, ça prend la forme d'acharnement pour nous.

Parce que, dans le but d'attirer l'attention sur lui, dénigrer une personne et pousser les autres à en faire de même était l'une des activités du père, lorsque qu'il y avait du monde à la maison. Ou même lorsque qu'il n'y avait que le frère et nous. Et même quand il n'y avait que lui d'ailleurs...

 

 

 

- Quand on dit stop, c'est stop.

Quand on vient à dire "assez, arrête", c'est que qu'on le pense vraiment. Si quelque chose nous met un peu mal à l'aise, mais sans plus, on va tout au pire pousser un ou deux jurons, mais quand ça commence à devenir vraiment gênant, on le fait toujours savoir.

Et dans ce cas-là, il vaut mieux s'arrêter, parce que au mieux, on va se sentir vulnérables et un peu effarouchés pendant quelques minutes, au pire Daem et/ou Alexis vont se sentir obligés de devenir violents.

L'acharnement, c'est aussi un trait du comportement de mon père. Parce que ça le faisait marrer qu'on le supplie d'arrêter, qu'on pleure, qu'on s'énerve, tout en restant totalement impuissant face à lui.

 

 

 

Il y a d'autres petites choses, selon ce que l'on a pu voir ou vivre, qui peuvent mettre mal à l'aise.

Les cadeaux, par exemple. Non pas qu'on n'aime pas en recevoir, mais les cadeaux du père étaient toujours à double-tranchant : soit c'était pour se faire plaisir à lui et nous n'avions aucune espèce d'attirance pour le cadeau ; soit ça nous plaisait, mais il y avait toujours une notion de dette qui l'accompagnait. Genre devoir faire le ménage chez lui pour rembourser un ordinateur dont  on avait envie, mais qu'on ne lui avait jamais demandé. Quand on nous fait un cadeau à une autre occasion que Noël ou l'anniversaire, on a toujours la sensation de devoir quelque chose en retour à la personne.

 

Le chantage affectif aussi, à coup de "mais je suis ton ami(e)", "je t'aime", "j'ai fais ça pour toi, tu pourrais être reconnaissante". Au mieux on fera comme si on n'avait pas entendu, au pire ça va nous énerver sévèrement. Parce que ces excuses nous sont un peu trop familières, et on ne peut tout simplement pas les considérer comme recevables.

 

Le fait de faire des promesses en l'air. Ne pas pouvoir tenir ses promesses, ça arrive. Mais prendre des promesses à la légère, c'est quelque chose qu'on ne supporte pas et un motif largement suffisant à nos yeux pour cesser totalement de voir quelqu'un.

 

 

Voilà, si certaines personnes ont d'autres choses à ajouter, ou des commentaires à faire sur certains points, n'hésitez pas !

 



21/04/2017
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