Dwelt

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Le doute et le déni

Ecrit par Plume le 24/01/2016

 

 

 

 

A travers mes textes, je peux donner l'impression d'être sûre de qui nous sommes et ce que nous sommes : multiples, plusieurs personnalités cohabitant dans le même corps.

Ce n'est absolument pas le cas.

Je passe mon temps à me demander si je n'imagine pas tout (et du même coup, à énerver Daemon), si je ne me persuade pas toute seule de quelque chose que j'ai monté de toutes pièces, si je ne joue pas la comédie sans m'en rendre compte, etc.

L'ombre du doute plane toujours au-dessus de la tête.

Et puis parfois, le ciel me tombe sur la tête et je plonge dans le déni : c'est sûr, j'ai tout inventé, je suis tellement désespérée que j'ai besoin de faire semblant de pas être seule dans ma tête.

C'est ce qui m'est arrivé hier soir.

 

Pour raconter l'histoire depuis le début, je viens de reprendre les cours à la fac et, comme souvent, la première semaine de cours est légère. Je n'ai pas de cours Mercredi, et ma mère étant au travail, je me suis dis que ça serait le bon moment pour retourner voir la psychiatre qui me suivait, et que j'ai arrêté de voir plus ou moins volontairement quand elle a voulu m'orienter vers un autre psy. Je dis "plus ou moins volontairement" parce que je n'ai pas consciemment choisi d'oublier le dernier rendez-vous, puis d'oublier de la rappeler pour en fixer un nouveau. Le stress engendré par l'idée de devoir changer de psy a fait que mon cerveau s'est dit "merde" et a soigneusement effacé la cause de ce stress. Je ne m'en rappelais que lorsque que je n'avais pas le temps pour le faire.

Seulement c'est la seule psychiatre en qui j'ai confiance, aussi, si je dois en voir un à nouveau, ça ne pourra commencer que par elle. En tout cas c'est comme ça que je vois la chose.

Ma décision était donc simple : mercredi, je vais à la Maison des ados, et je demande si la psy à un créneau libre pour moi.

 

Sauf que voilà, je dois faire face à plusieurs problèmes :

- je ne me souviens plus de son nom, et je n'ai aucun moyen de le retrouver, ma mère n'ayant pas garder sa carte

- je serai prête (enfin !) à lui parler de mon système (elle n'était pas au courant) sauf que le fait qu'elle n'ait pas reconnu les symptômes de la déréalisation lorsque je les lui avais décris me laisse perplexe quant à sa réaction si je lui dis qu'on est huit dans cette tête

- ah et puis ça serait dans le dos de ma mère, car je ne veux pas qu'elle s'en mêle, et j'ai encore du mal à combattre des années de conditionnement sous le signe du "tu dois obéir à tes parents"

 

Avec autant de sources de stress, il est normal que mon cerveau ait encore disjoncté.

 

 

Ce coup-ci, je n'ai pas simplement oublié. J'aurai même préféré. Ca m'a obnubilé durant ces quelques derniers jours, au point que je n'en ai parlé à personne parce que je ne voulais plus y penser.

Hier soir, alors que j'étais prête à m'endormir, réaliser que ce serait dans deux jours que j'avais prévu de retourner voir la psy m'a fait paniquer.

Et si elle ne me croyait pas ?

Pire, et si elle me croyait et tentait de nous intégrer ?

Et si elle décidait que nous n'étions pas assez dissocié pour avoir "le droit" de nous considérer comme multiple ?

Et si j'imaginais tout, et qu'elle finissait par penser que j'étais une menteuse ?

Et ça a continué en escalade. Pas une seule fois l'idée que tout puisse bien se passer ne m'a effleurée...

Les autres ont tenté de me calmer, bien évidemment, sauf que je n'étais pas dans un état très réceptif. Je les ai tout simplement repoussé, ai reconstruit les barrières qui existaient alors que j'étais plus jeune, et me suis retrouvée toute seule.

Même si j'ai clairement sentis une différence, ça m'a persuadé que j'inventais tout.

Et même alors que je sentais que l'on forçait ces barrières, ma réaction a été "c'est la réaction que j'attendrais de leur part, du coup je l'imagine, je continue d'inventer".

J'aurai pu en parler avec des personnes extérieurs, qui ont pu parler avec Daem ou Alexis, mais à cet instant, je ne voulais pas être rassurée sur le fait qu'ils existaient.

Non, je voulais qu'on me rassure sur le fait que je me trompais et que tout était issu de mon imagination.

Parce que si j'imagine, il n'y a aucune raison d'aller voir le psy, n'est-ce pas ?

 

Ce matin, en me réveillant, j'ai vécu les secondes les plus longues de ma vie : je ne sentais quasiment personne, et j'avais déjà oublié pourquoi.

Daemon m'a rappelé ce qui s'est passé la veille, et je crois que je n'ai jamais eu autant l'impression d'avoir merdé.

A présent, Varegh, Cassandra et Nathan se cachent, Alix est quelque part très en retrait, Alexis m'en veut et refuse de communiquer, et si Daem est là, ce qui s'est passé hier ne l'a pas moins affecté que les autres.

Si j'ai bien dormi hier soir, totalement isolée du remue-ménage habituel des autres et du sommeil peu profond qui va avec, je ne nous ai jamais sentis aussi épuisés mentalement parlant.

Et si elle reste compréhensible, j'ai honte de ma réaction.

Je les ai laissé tombés. J'ai fuis. J'ai pris la voie la plus facile.

 

J'ai évidemment abandonné l'idée d'aller voir la psy mercredi. J'ai pourtant toujours la peur d'y aller, comme si je ne savais pas que j'avais pris cette décision.

Je me suis sentie un peu mieux quand j'ai effacé la note associée sur mon portable, mais j'ai toujours la sensation qu'on doit y aller mercredi.

 

Même si j'ai horreur de remettre la faute sur les autres, ça me fait me demander si j'étais bien la seule à paniquer, hier soir, si il n'y avait pas quelqu'un d'autre, que l'on n'aurait pas encore découvert, qui se serait montré pour nous empêcher de faire ce qu'il considère comme une bêtise.

 



21/04/2017
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