Dwelt

Dwelt

Le corps

Ecrit par Plume

 

 

 

 

Une chose qui peut choquer quand on pose les pieds dans l'univers des multiples pour la première fois, c'est la mention du corps comme s'il était une coquille vide, ne servant qu'à faire défiler les alters les uns après les autres.

Cela m'a choqué aussi, au début. Le corps, ce corps, est le miens.

Il est à moi. Il est moi.

J'ai mis tellement de temps à l'accepter comme étant le mien, à faire taire mes complexes, à l'assumer, et on voulait désormais me faire croire que ce n'est qu'une banale enveloppe dont je ne devrais pas tenir compte ?

 

Pourquoi cette réaction quasi-instinctive ?

C'est majoritairement dû au fait que l'on apprend intuitivement que un être humain (en tant qu'individu à part entière) = un corps, deux êtres humains = deux corps, etc. Qui considère quelqu'un n'ayant pas de corps comme étant humain ? à mon avis, si on devait faire un sondage, il n'y aurait pas beaucoup de monde qui imaginerait un humain sans corps.

Parce que c'est totalement insensé.

Et l'on imagine encore moins plusieurs êtres humains dans un seul corps.

Pourtant, la notion d'être humain, d'individu, et de corps sont deux choses différentes. Dans un cas on fait appel à la réalité mentale, à la conscience, et dans un autre cas, à la réalité physique.

 

Dans mon cas, je l'ai compris quand j'ai appris à partager consciemment mon corps.

Parce que ce corps n'est pas mon corps. Il est notre corps. Notre corps physique, celui qui nous rattache à la vie.

Il ne montre peut-être pas notre réalité mentale, mais il nous est précieux, et nous en avons tous conscience.

Ce dont on a moins conscience en revanche, c'est de l'apparence de ce corps.

 

Moi-même, je suis celle qui passe le plus souvent devant le miroir, qui l'ai habité le plus, et par conséquent la seule qui a une image mental de mon physique proche du physique du corps.

La mention du miroir n'est pas anodine. L'un des signes que je ne suis pas seule ? je ne peux pas regarder un miroir en face. Mon image me perturbe, me fait peur, je ne me reconnais pas.

Parce que je ne suis pas censée voir une jeune femme, des cheveux blonds cendré, des lunettes. On s'attend à voir un homme, un enfant, une ado. Des cheveux noirs, châtains, chocolats. Et aucun de nous n'a besoin de lunette dans le monde intérieur.

 

Quand un garçon vient au contrôle avec moi, c'est toujours comique de voir qu'aucun d'eux n'arrive à s'habituer au fait d'avoir une poitrine, et la période maudite du mois, ils la fuient en courant.

Quand Nathan est avec moi, il faut sans cesse se rappeler que l'on mesure 1m68, et que le corps est proportionné en fonction.

Quand c'est Daemon, il faut nous rappeler les mêmes choses, mais pas pour les mêmes raisons : il est censé mesuré 1m81.

 

C'est parce que nous sommes plusieurs à le partager que le fait de parler "du" corps peut donner l'impression de parler d'une coquille vide. Mais croyez-moi, elle est loin d'être vide, cette coquille !

 

Avec quelqu'un ayant un TDI, il faut faire la différence entre la réalité physique (un corps) et la réalité mentale/psychique (plusieurs individus).

Dans le cas de quelqu'un de non-dissocié, on peut dire qu'un individu = un corps physique, mais dans le cas d'un système, la notion d'individus ne s'arrête pas seulement au corps, et parler du corps comme d'un réceptacle ne veut pas dire perdre la notion d'individus.

Cela ne veut pas non plus dire qu'on méprise notre enveloppe charnelle, loin de là ! Même si la majorité d'entre nous n'arrive pas à s'y identifier, ça ne veut pas dire qu'on ne l'aime pas. On fait avec, et on en est quand même content, parce qu'on sait que sans lui, on n'existerait même pas.

 

Alors c'est vrai qu'on ne voit pas le corps comme un individu. Et c'est un peu normal, quand on y pense. L'individu dans l'histoire, c'est nous en tant que système. En tant qu'êtres conscients formant un tout. Si un jour le corps se met à me parler, je me poserai de sérieuses questions...

Plutôt que de le voir comme une coquille vide, je préfère voir le corps comme une interface entre nous et l'extérieur.

 



24/03/2017
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 6 autres membres