Dwelt

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Ce n'est plus "ma" vie

Ecrit par Plume, et puis un peu tout le monde

 

 

 

... et techniquement, ça ne l'a jamais été.

 

C'est quelque chose qu'il est difficile d'accepter, quand on commence à comprendre ce qu'implique le fait d'être multiple. Même encore maintenant, plus d'un an et demi après, ça me fait encore quelque chose quand je songe à ça. Un petit sentiment d'injustice, de la peur quant à l'avenir.

J'aime la vie et veux la vivre. Partager ma vie veut dire qu'il y a moins de temps pour moi, et c'est effrayant.

Et puis, moi qui adore les enfants, comment je pourrais imposer ça à l'un d'entre eux ?

 

Ces pensées remontent pas mal en ce moment, avec toutes ces questions concernant mon - notre- avenir (on quitte la fac de biologie pour partir en psychologie) et le fait que j'ai récemment réalisé que ça n'a pas toujous été "moi" l'hôte.

Ethan, Nathan et Nicolas ont eu leur part, et il y en a eu au moins deux autres, avec qui j'aurais fusionné avant de devenir hôte de façon définitive vers l'âge de quatorze ans. C'est étrange. C'est effrayant. C'est effroyablement logique, expliquant pourquoi mes souvenirs d'enfance (pour le peu que j'ai) sont tous (à l'exception de deux ou trois d'entres eux) à la troisième personne, et que seuls ceux après quatorze ans sont à la première personne.

 

Il y a des moments où j'aimerais figer le système. Qu'il cesse d'évoluer, que son fonctionnement cesse de devenir sans cesse plus précis à nos yeux. Que je puisse rester dans l'ignorance, faire comme si il ne se passait rien d'anormal. Il y a des fois où l'envie de se laisser submerger par l'idée que tout est inventé est très, très forte.

Parce que chaque morceaux de voile levé ramène des bribes de souvenirs, d'émotions, de douleurs, de peurs. Des choses dont on ne sait pas quoi faire. En parler ? à qui ? comment ? On est comme des gamins, laissés là en proie à leurs émotions, qui ne savent pas comment les gérer.

Et à ce niveau-là, nous sommes des enfants. Anesthésiés pendant quatorze ans, on recommence à peine à se permettre de ressentir.

Et ça fait peur.

Et ça donne le sentiment d'être perdu, d'être tout seul.

On se raccroche à la seule chose qu'on connait : nous-même.

 



21/06/2017
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